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Burnout et reconversion : comment faire comprendre à vos proches ?

Le burnout n’est pas une simple fatigue, c’est une alarme incendie hurlante. Pourtant, au moment où vous décidez de quitter l’Éducation nationale pour sauver votre santé, une autre épreuve commence : le tribunal des proches.

Quand vous êtes déjà vidé·e de votre substance, devoir en plus porter le poids des peurs de votre entourage est épuisant. En effet, partant d’une intention protectrice mais souvent maladroite, celui-ci peut devenir le plus grand frein à votre reconversion et à votre guérison.

Il est crucial d’expliquer à vos proches que la reconversion quand on est en burnout n’est pas juste une envie de changer d’air, mais une nécessité vitale. Le burnout est une rupture physique et psychique. Ce n’est pas que vous ne voulez plus, c’est que votre corps ne peut plus.

« Quitter un emploi à vie, c’est de la folie »

Ce qu’ils pensent : Ils projettent leur propre peur de l’insécurité financière. Pour eux, le statut de fonctionnaire est le Graal absolu. En réalité, la sécurité de l’emploi ne sert à rien si vous n’avez plus la santé pour l’exercer.

La réponse à leur donner : « Je comprends que la sécurité du statut te rassure. Mais aujourd’hui, ce travail met ma vie en danger. La folie, ce serait de rester à vie dans un métier qui me détruit. Ma sécurité aujourd’hui, c’est de retrouver ma santé. »

« Tu as été prof·e toute ta vie, ne sais rien faire d’autre »

Ce qu’ils pensent : Ils ignorent – tout comme vous-même bien souvent – la réalité des compétences transversales. En réalité, un·e enseignant·e est un·e chef·fe de projet, un·e communicant·e, un·e médiateurice et un·e expert·e en transmission et bien d’autres rôles encore.

La réponse à leur donner : « Enseigner, ce n’est pas juste ‘faire cours’. C’est gérer des groupes, concevoir des contenus pédagogiques, s’adapter à l’imprévu, synthétiser des informations complexes… Ces compétences sont rares et recherchées ailleurs. Je ne repars pas de zéro, je repars avec un bagage solide. »

« Ce n’est pas raisonnable »

Ce qu’ils pensent : Ils voient votre décision comme une impulsion émotionnelle. En réalité, rester dans un environnement toxique alors qu’on est en burnout, voilà ce qui est déraisonnable.

La réponse à leur donner : « Justement, la décision la plus raisonnable que je puisse prendre est d’arrêter ce qui me rend malade. Est-ce qu’on dirait à quelqu’un qui a une jambe cassée qu’il n’est pas raisonnable d’arrêter de courir? »

« Une entreprise, il faut deux ans avant d’en vivre »

Ce qu’ils pensent : Ils s’imaginent que vous allez ouvrir une boutique physique avec un loyer exorbitant et aucun client les premiers jours. Ils craignent la précarité immédiate. En réalité, il existe plusieurs manières d’entreprendre (micro-entreprise, freelance, portage salarial) et des dispositifs de transition (rupture conventionnelle, temps partiel pour création d’entreprise, disponibilité, contrat CAPE) qui permettent de sécuriser vos revenus pendant le lancement.

La réponse à leur donner : « Tu as raison de souligner l’aspect financier, c’est un point que je traite évidemment avec sérieux. Cependant, je ne pars pas sans filet : il existe des dispositifs qui permettent de tester mon projet sans prendre de risques inconsidérés. Et surtout, je préfère construire quelque chose qui me ressemble, même si cela prend du temps, plutôt que de rester dans un système qui me détruit aujourd’hui. »

Face à ces argument, il est inutile de s’énerver. Le mieux est de montrer que le dossier est sous contrôle. Moins on est dans l’émotion, plus on rassure l’entourage sur sa capacité à réussir sa reconversion.

Ne cherchez pas à tout prix à vous justifier : vous n’avez pas à prouver que vous souffrez ni que vous êtes capable de changer de métier. Si quelqu’un refuse de voir votre douleur, posez une limite : « Je ne cherche pas ton approbation, j’ai besoin de ton soutien. »

Parlez-leur de vos besoins : « J’ai besoin que tu me fasses confiance ; que tu me montres que tu me sais capable de surmonter ce moment et de réussir ma reconversion ; que tu m’encourages plutôt que de chercher à me dissuader. » Ils ne comprennent pas ? Si vous le pouvez, prenez de la distance le temps d’aller mieux. Ne parlez de votre projet qu’à celles et ceux qui ont la capacité de vous écouter sans vous juger.

Faites-vous confiance : vous aurez du mal à répondre à vos proches si vous ne croyez pas vous-même en votre capacité à vous reconvertir. Ce n’est pas toujours facile, quand on est épuisé·e et anxieux·se. Pour retrouver l’étincelle et retrouver confiance en vous, je vous invite à vous inscrire au webinaire « Changer de métier quand on est prof » : vous en sortirez plein·e d’espoir et d’énergie.

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