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La rupture conventionnelle dans l’Éducation nationale en 2026

Vous envisagez une rupture conventionnelle parce que vous devinez que c’est une des manières les plus sûres pour quitter – définitivement – l’Éducation nationale ? Comment mettre toutes les chances de votre côté ?

On fait le point après l’annonce in extremis de sa pérennisation dans la fonction publique en janvier 2026 et le suspense de la publication – en plein mois d’août – du décret tant attendu.

Première chose à avoir en tête : la rupture conventionnelle repose toujours sur un accord entre vous et votre administration. Ce n’est ni une démission, ni un licenciement, ni un droit que vous pourriez faire valoir automatiquement. Vous pouvez la demander, votre rectorat ou votre administration peut tout aussi bien vous la refuser — sans avoir à se justifier davantage que vous n’avez à vous justifier si c’est elle qui vous la propose et que vous refusez.

Concrètement, les deux avantages qui font l’intérêt du dispositif sont :

  • Une indemnité de départ calculée selon votre ancienneté (voir ci-dessous);
  • Le droit aux allocations chômage pendant 15 à 20 mois (voir ci-dessous).

Dans l’Éducation nationale, la rupture conventionnelle reste accordée au compte-gouttes. Ce n’est pas parce que vous cochez toutes les cases (voir plus bas) que votre demande sera acceptée : l’administration arbitre en fonction de ses propres contraintes, pas des vôtres.

Ce qui joue en votre défaveur : une discipline ou une zone géographique en tension (et elles le sont plus ou moins toutes…), où votre départ est difficile à compenser ; une période chargée (juste avant une rentrée, par exemple) ; ou tout simplement un manque de budget côté rectorat, chaque rectorat étant doté de sa propre enveloppe.

Ce qui joue en votre faveur : un poste facile à remplacer, un dossier bien préparé, et surtout un projet professionnel solide — l’administration accepte plus volontiers un départ qui a du sens que celui qui ressemble à une fuite sans destination.

Il faut donc construire sa demande autour d’un projet professionnel solide et crédible, qui convaincra l’administration qu’au bous de six mois vous serez en emploi (et donc plus au chômage). Il faut aussi avoir un plan B en cas de réponse négative.

  • Les fonctionnaires titulaires (pas les stagiaires, donc) n’ayant pas atteint l’âge ni la durée de cotisation nécessaires pour une retraite à taux plein.
  • Les contractuel en CDI (les CDD ne sont pas concernés), sauf si vous êtes en période d’essai ou dans un contexte de licenciement ou de démission déjà engagé.

Remplir ces conditions vous rend éligible — cela ne vous garantit rien de plus.

Besoin d’aide pour préparer votre dossier de demande de rupture conventionnelle ? Prenez rendez-vous pour une ou deux séances de préparation. Un dossier solide est ce qui fait la différence.

Les leviers qui font réellement la différence :

Arrivez avec un projet construit, pas juste une envie de partir. Formation engagée, création d’activité déjà amorcée, piste concrète dans le privé : plus c’est précis, plus votre demande est prise au sérieux.

Choisissez le bon moment. Une demande anticipée, en dehors des périodes de tension (juste avant la rentrée, en pleine préparation des mouvements), a plus de chances d’aboutir.

Anticipez si possible la question du remplacement. Si vous pouvez montrer que votre départ ne mettra pas le service en difficulté — ou proposer une date de départ qui laisse le temps de s’organiser — c’est mieux.

Préparez vos chiffres avant l’entretien. Connaître à l’avance votre ancienneté exacte et l’indemnité à laquelle vous pouvez prétendre vous met en position de négocier, plutôt que de découvrir les règles en face de votre interlocuteur. Allez chercher tout cela sur i-Prof.

En théorie la demande peut venir de vous ou de votre administration. En pratique je n’ai jamais entendu parler d’une demande émanant de l’administration…

Phase 1 : On demande un entretien. La demande se fait par lettre recommandée avec accusé de réception, ou remise en main propre contre signature, adressée au Rectorat ou à la DSDN. Demandez à votre RH de proximité à qui l’adresser (éventuellement en double par mail) car il y a parfois une personne chargée de cela dans certaines académies. Dans cette première prise de contact, vous demandez simplement un entretien afin d’évoquer une demande de rupture conventionnelle, inutile de donner davantage de détails.

Phase 2 : On vous propose un entretien entre 10 jours et 1 mois après réception de la demande. Vous pouvez vous y faire assister par un conseiller syndical de votre choix (à condition d’en informer votre employeur au préalable). C’est le moment crucial où vous allez présenter votre projet de reconversion, qui doit être solide, et convaincre vos interlocuteurs que dans les six mois suivant votre rupture, vous serez à nouveau en emploi. Lors de cet entretien vous vous mettez d’accord sur la date envisagée de cessation de vos fonctions, le montant de l’indemnité et les conséquences de votre départ. Plusieurs entretiens peuvent avoir lieu si nécessaire.

Phase 3 : Vous attendez… Puis un jour vous obtenez une réponse. Le nouveau décret dit que la convention de rupture est signée au plus tôt 15 jours francs après le dernier entretien. Elle doit obligatoirement préciser le montant de l’indemnité et la date de fin de fonctions.

Phase 4 : Après la signature, chacune des deux parties dispose d’un délai de rétractation de 15 jours francs, sans avoir à se justifier. Ce n’est qu’à l’issue de ce délai que la cessation définitive de vos fonctions peut intervenir.

Phase 5 : Vous avez signé votre RC ? Bravo ! N’attendez pas un jour pour vous inscrire à France travail. Cette démarche en ligne et rapide doit être faite exactement le jour J où vous il est convenu que vos fonctions prennent fin.

À savoir : Il y a 7 jours de carence et non pas 3 mois comme France travail essaie parfois de vous le faire croire. En cas de problème, adressez-vous au médiateur de France Travail. Les IRC sont systématiquement accordées au plancher. Sinon en effet le délai de carence est de plusieurs mois, c’est pourquoi il n’est pas forcément conseillé de négocier une IRC au-delà du plancher.

Le montant de l’indemnité dépend de votre ancienneté et se calcule en fractions de mois de rémunération par année de service :

Montant plancher en fonction de l’ancienneté

  • Jusqu’à 10 ans : 1/6e de mois par année
  • De 11 à 15 ans : 1/5e de mois par année
  • De 16 à 20 ans : 1/4 de mois par année
  • De 21 à 24 ans : 1/3 de mois par année

Ce montant ne peut pas non plus dépasser un plafond, fixé à 1/24e de votre rémunération annuelle par année d’ancienneté, dans la limite de 24 ans. Entre ce plancher et ce plafond, le montant définitif se négocie avec votre administration lors des entretiens.

Cette indemnité est, dans la plupart des cas, exonérée de charges sociales et d’impôt sur le revenu, dans des limites fixées par la loi — un point qu’il vaut mieux vérifier avec votre administration ou un professionnel avant de signer, car les règles d’exonération dépendent du montant perçu.

Attention ! L’indemnité de rupture conventionnelle (IRC) ainsi que votre allocation chomage sont calculées sur la base de ce que vous avez gagné pendant l’année civile n-1. Donc si vous étiez en disponibilité vous n’avez aucun intérêt à demander une RC ; si vous étiez à temps partiel vous serez indemnisé·e au prorata.

Depuis le 1er septembre 2026, la durée maximale d’indemnisation chômage après une rupture conventionnelle a changé : elle est désormais de 15 mois si vous avez moins de 55 ans, et de 20,5 mois si vous avez 55 ans ou plus.

C’est moins généreux qu’avant, et c’est un point important à intégrer dans votre calcul : une rupture conventionnelle ne doit plus être envisagée comme une simple « pause » de plusieurs mois, mais bien comme le tremplin d’un vrai projet qui doit avancer vite.

Pour un fonctionnaire, la rupture conventionnelle entraîne la radiation des cadres et la perte du statut de fonctionnaire. Pour un contractuel, elle entraîne la radiation des effectifs. Dans les deux cas, c’est un départ définitif : il n’existe pas de droit automatique à revenir dans la fonction publique par la suite.

Attention également à la clause de remboursement : si vous êtes recruté par une administration de l’État dans les 6 ans qui suivent votre rupture conventionnelle, vous devrez rembourser l’indemnité perçue. Une simple candidature dans le secteur public exige d’ailleurs de fournir une attestation sur l’honneur à ce sujet.

La rupture conventionnelle reste la voie royale pour sortir de l’Éducation nationale dans de bonnes conditions — mais ce n’est ni automatique, ni garanti. Elle se mérite : avec un dossier solide, un timing réfléchi, et surtout un projet professionnel qui tient la route. C’est aussi pour cela qu’il vaut mieux la préparer bien en amont, plutôt que de la demander sur un coup de tête.

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